Une histoire du Moyen Âge au Second Empire

Du château médiéval au domaine du XIXe siècle, La Tourlandry s’est construite, détruite et reconstruite au fil de près de mille ans d’histoire.

Son nom apparaît dans les sources dès la fin du XIe siècle. Forteresse seigneuriale, lieu de pouvoir, terre de chevaliers et de croisades, le domaine traverse ensuite les guerres de Religion puis la terrible période des guerres de Vendée.

Presque entièrement détruit à la Révolution, le château renaît au XIXe siècle avec la construction du corps central que nous connaissons aujourd’hui.

Son histoire est donc celle d’un lieu en perpétuelle transformation, dont chaque époque a laissé une trace.

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Second Empire

Le Second Empire au Château de la Tourlandry

Emile Fourchy, marié à Marie-Zoé Richard, fera construire dans l’enceinte du château, le bâtiment central actuel en 1854 achevé en 1856. Ce couple et leurs parents ont marqué l’histoire locale: legs au Bureau de bienfaisance, dons pour l’église, pour les écoles et pour les pauvres.

La célébrité du Château tient notamment aux visites répétées de Napoléon III, matérialisées par la présence de trois séquoias offerts par l’Empereur en souvenir de son passage. Il offrit également à Mme Fourchy un grand tableau qu’elle a légué à l’église : il s’agit d’une copie d’un tableau de Lorenzo di Credi représentant la Vierge présentant l’Enfant Jésus à St Julien et à St Nicolas. Ce tableau porte encore la mention « don de Napoléon III au Château de La Tourlandry ».


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Aux Origines de La Tourlandry

Un château médiéval dès le XIe siècle

Les premières mentions historiques fiables de La Tourlandry apparaissent à la fin du XIe siècle.

Vers 1080, Pierre, Geoffroy et Giroire Landry, trois frères appartenant au lignage seigneurial local, participent à la reconstruction d’un site castral détruit au cours d’un conflit.

C’est à cette époque que s’impose progressivement le nom de « Tour de Landry », désignant à la fois la demeure fortifiée et la famille qui la possède.

Quelques années plus tard, vers 1092, Geoffroy Landry fait don d’une terre située à proximité immédiate de son château afin d’y établir un prieuré bénédictin dépendant de la puissante abbaye de Marmoutier, près de Tours.

La chapelle seigneuriale lui est également confiée et la création d’un bourg est autorisée autour du château.

La Tourlandry devient ainsi bien davantage qu’une simple forteresse : autour du château se structurent progressivement la vie religieuse, l’habitat et le territoire.

Entre Histoire et Légende - Une terre de chevaliers

Des récits beaucoup plus tardifs font remonter les origines de la famille Landry jusqu’au Ve siècle et évoquent un chevalier ayant combattu en Bretagne à l’époque de Clovis.

Ces récits appartiennent à la tradition orale du lieu.

L’histoire véritablement documentée de La Tourlandry commence, elle, à la fin du XIe siècle.

Au Moyen Âge, les seigneurs de La Tourlandry appartiennent pleinement à la société chevaleresque de leur époque.

Les chartes témoignent de leurs donations aux établissements religieux et de leurs liens avec les grands réseaux politiques et militaires du royaume.

Au début du XIIe siècle, Guillaume de La Tourlandry fait ainsi une donation à l’église Saint-Vincent avant son départ pour Jérusalem.

À la fin du XIIe siècle, un autre Geoffroy de La Tourlandry combat aux côtés du roi Philippe Auguste et participe à la troisième croisade.

La tour devient naturellement l’emblème de la famille. Sa devise résume cette identité :

Firmus sicut Turris , Solide comme une tour.

Geoffroy de La Tour Landry, le chevalier qui écrivait pour ses filles

Vers 1330 naît celui qui demeure aujourd’hui le personnage le plus célèbre de l’histoire médiévale de La Tourlandry : Geoffroy de La Tour Landry.

Chevalier banneret, il participe aux conflits de son époque et combat notamment dans le contexte de la guerre de Cent Ans. Mais ce n’est pas seulement comme homme de guerre qu’il entre dans l’Histoire. Vers 1371, Geoffroy entreprend d’écrire pour ses filles un ouvrage destiné à leur transmettre les règles de conduite, les valeurs et les enseignements qu’il juge indispensables à leur éducation.

Le Livre pour l’enseignement de mes filles

Son ouvrage rassemble plus de quatre-vingt-dix récits inspirés de la Bible, de la tradition chevaleresque, de récits anciens mais également d’observations de la vie quotidienne.

Écrit en moyen français, le Livre pour l’enseignement de mes filles dépasse très largement le cadre familial pour lequel il avait été imaginé.

Le texte circule en Europe, notamment en Angleterre et dans les territoires germaniques, avant d’être imprimé dès le XVe siècle.

Plus de six siècles après sa rédaction, cette œuvre constitue toujours une source remarquable pour comprendre l’éducation, la condition féminine, les valeurs chevaleresques et les mentalités de la société médiévale.

Geoffroy de La Tour Landry offre ainsi au nom de La Tourlandry une postérité qui dépasse largement les frontières de l’Anjou.

« Le chevalier de La Tour Landry offrant son livre à ses filles »
Estampe sur bois attribuée à Albrecht Dürer, Der Ritter vom Turn, imprimé par Michael Furter, Bâle, 1493

Guerres de Religion : le château dans la tourmente

Au XVIe siècle, la seigneurie est devenue, par alliances matrimoniales, celle des Maillé de La Tourlandry. En 1573, François de Maillé obtient le titre de baron de La Tourlandry. Mais quelques années plus tard, les guerres de Religion frappent directement le domaine. La Tourlandry reste attachée au camp catholique tandis que la seigneurie voisine de Vezins est liée au camp protestant.

En 1581, le château de La Tourlandry est incendié et une partie de ses terres est ravagée. L’histoire réserve pourtant un singulier retournement : en 1589, Anne de Maillé de La Tourlandry épouse René Le Porc de la Porte de Vezins, issu de la famille voisine.

Après plusieurs décennies de conflits religieux, le château commence à être reconstruit au début du XVIIe siècle. Mais son histoire reste mouvementée. Un nouvel incendie survient en 1639. Le pouvoir royal intervient alors pour soutenir la reconstruction du château et du bourg.

1793-1794 : La Tourlandry au cœur des guerres de Vendée

La Révolution française constitue la rupture la plus violente de toute l’histoire du domaine.

En 1793, l’insurrection vendéenne embrase les Mauges. À La Tourlandry, une partie de la population masculine rejoint l’armée catholique et royale. La répression touche également durement les femmes de la paroisse : plus de 130 d’entre elles sont arrêtées, déportées ou meurent en détention.

Le souvenir de leur destin s’est transmis dans la mémoire locale à travers la Ballade des prisonnières.

En janvier 1794, les Colonnes infernales traversent la région.

Le bourg et les fermes sont ravagés. L’église est incendiée. Le château de La Tourlandry est lui aussi détruit.

Après plusieurs siècles d’existence, l’ancien domaine seigneurial disparaît presque entièrement. La propriété est confisquée comme bien national.

Une époque s’achève.

Cette statue commémorative du départ des Pins en Mauges du généralissime, vous accueille aujourd’hui sous les voûtes du Château. Elle était à l’origine dans le parc du domaine de la Giraudière.

Elle rappelle que les hommes de la Tourlandry comme d’autres hommes des Mauges étaient sous le commandement de ce personnage emblématique des Guerres de Vendée en1793.

Jacques Cathelineau, Maugeois et Premier généralissime de l’Armée catholique et royale Vendéenne.

Le XIXe siècle : une renaissance du château

Après la Révolution, le domaine entre progressivement dans une nouvelle histoire. Il est acquis par Jacques de Valpinçon, commerçant et marchand de toiles originaire de l’Orne. Par alliances familiales, La Tourlandry passe ensuite aux Fourchy, qui vont profondément marquer le domaine au XIXe siècle.

1854 : naissance du château actuel

En 1854, Émile Fourchy et son épouse Marie Zoé Richard entreprennent la reconstruction du corps central du château. Une nouvelle demeure s’élève ainsi sur un site occupé depuis le Moyen Âge.

Son architecture s’inscrit dans le goût du XIXe siècle et dans cette période de renouvellement des grandes demeures qui accompagne le Second Empire.

Les Fourchy participent également à la vie de La Tourlandry par leurs actions de bienfaisance, leur soutien aux écoles, à l’église et aux populations les plus modestes.

Le château que l’on découvre aujourd’hui est en grande partie l’héritier de cette renaissance.

Mais autour de lui subsistent les traces d’une histoire beaucoup plus ancienne : douves, structures héritées des constructions précédentes et organisation historique du domaine rappellent que le château du XIXe siècle a été bâti sur près de huit siècles d’histoire antérieure.

Présent

Le château aujourd'hui

Le Château actuel est composé de fragments de chacune de ses différentes vies. Le bâtiment central du Second Empire succède aux précédents châteaux édifiés entre le XIe et XIXe siècle. Il reste bordé de deux tourelles du XVe siècle ainsi que d’un pigeonnier de la même époque. Les ponts anciens sont toujours praticables et vous emmènent vers les différents espaces extérieurs où est conservée une empreinte végétale forte. Restée indemne pendant 35 années, elle est aujourd’hui remaniée tout en conservant les traces de son histoire.

Découvrez la visite du château

Aujourd’hui ouvert au grand public, entrez dans un lieu qui se veut être une photographie du Second Empire, château qui s’est lui-même démarqué sur le territoire à cette période en étant le premier à recevoir l’électricité et le téléphone. Un site destiné à vous remémorer l’Histoire de la Révolution Industrielle, les Sciences, les Techniques et enfin l’intérêt grandissant pour la Nature et ce qui la compose.

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